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Evénements I
Cinema I Billet d'Humeur


Billet d'humeur

Mercredi 4 juillet 2018

Cette fois-ci, on ne leur prête plus, on les abonne.

Paru dans Actualité Juive le 10 juin
 
Il y a dix ans, lors du dîner annuel du CRIF, je m’entretenais très longuement avec Serge Benattar (za’l) sur la vie d’un journal et l’importance de sa pérennité.
Merveilleux, c’est le seul terme que je puis trouver pour garder le souvenir d’un entretien avec un  homme lui-même merveilleux.
Je lui racontais qu’Actualité Juive était souvent lu par des gens qui ne l’achetaient jamais, ce qui le faisait bien rire. Le mois dernier, je découvrais encore un exemplaire sur la commande d’un vieil ami
à qui je rendais visite, le journal lui avait été apporté par un voisin qui l’avait récupéré de son frère dont un des enfants était abonné. L’hebdomadaire, cité supra, avait donc fait une tournée de quatre familles et la tournée n’était sans doute pas terminée.
Je racontais à Serge la fin tragique du quotidien yiddish Unzer Wort qui circulait de Cannes à Menton de salons de thé en salons de thé il y a une trentaine d’années et qui était lu par des centaines de personnes à la faveur d’une vingtaine d’exemplaires seulement.
Je proposais alors à Serge une grande campagne d’abonnements, il m’en donna le feu vert à la seule condition de renouveler l’expérience tous les dix ans car, me disait-il, il faut toujours être répétitif pour les bonnes causes. Cette décennie semble être arrivée à son terme, alors je pense à Serge Benattar et je lance cet appel peu ou prou circonstancié.
Pour ma part, je savoure Actualité Juive à ma façon, je dévore ce qui me passionne comme je survole à une altitude stratosphérique ce qui gêne l’esprit libre qui m’habite, sans doute trop souvent.
Qu’il me soit pardonné de penser qu’un capitaine d’industrie est performant parce qu’il est brillant et non pas parce qu’il est juif.
Qu’il me soit pardonné de relire quatre fois les excellents témoignages de Claude Bochurberg parce qu’ils me touchent profondément.
Qu’il me soit pardonné d’avoir transgressé les recommandations de la rubrique Judaïsme et d’avoir occis un moustique un chabbath pour éviter que ma petite-fille Rachel ne soit victime d’un vol en piqué dudit insecte qui aurait pu atteindre sa petite frimousse pendant sa sieste.
C’est vrai, je m’adonne à la lecture d’Actualité Juive avec ma liberté que je protège jalousement et Serge me disait de continuer comme ça parce sa mission était de satisfaire toutes les sensibilités.
Il avait mille fois raison, c’était un rassembleur.
Je suis bouleversé bien sûr quand je lis les noms de ces enfants d’Israël qui perdent leur vie pour sauver celles des autres. Je suis fier de lire les noms de nos anciens, disparus au cours de la Shoah, honorant ainsi par ma seule lecture leur mémoire.
Puis en fin de journal, je me délecte parfois de ces petites annonces où je découvre qu’une jeune femme d’origine séfarade au physique agréable, aimant cuisiner, cherche un homme ashkénaze, non-fumeur, aimant voyager, en vue d’affinités.
Aussi, une petite annonce qui nous apprend qu’un bébé est arrivé dans un foyer et que naturellement, il est le plus beau bébé de l’année.
Serge avait raison, il en faut pour tout le monde.
Alors Serge, une dizaine d’années a passé et une promesse doit être tenue.
Je propose à tous les abonnés de ne plus prêter Actualité juive, ou presque, mais d’offrir un abonnement à l’occasion d’un anniversaire, d’un événement familial, de Roch Hachana qui arrive très tôt cette année, et cela remplacera un énième parfum, un énième gâteau, une énième cravate, en revanche le nouvel abonné pensera à vous chaque semaine, c’est garanti.
Je propose à toutes les familles d’abonner les personnes âgées isolées, en maison de retraite ou vivant dans des petites communes de province là où la vie juive apparaît chaque jour comme un lointain souvenir, car d’expérience, je puis vous dire que chaque semaine c’est un rayon de soleil qui envahit les boîtes aux lettres.
Je propose à toutes les associations juives de souscrire en leur nom un abonnement, ne serait-ce que pour favoriser un bon relais d’informations.
Je propose enfin à tous les lecteurs ayant bénéficié d’un abonnement annuel en cadeau de le renouveler d’eux-mêmes, exprimant ainsi leur soutien indéfectible à un journal qui, en avoisinant le 1500ème numéro, a su montrer sa fidélité à la Communauté juive de France.
Dix années ont passé après notre entretien, Monsieur Benattar.
Respect.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Mercredi 13 juin 2018

Merci Netta

Paru dans Actualité Juive le 17 mai

Le succès de Netta Barzilaï au Grand prix Eurovision de la chanson 2018 est une double victoire.
Celle de Netta elle-même dont la vie n’a sans doute pas toujours été un long fleuve tranquille mais qui s’est battue depuis des années contre tous les obstacles qu’une société d’hommes pouvait dresser sur son chemin. Elle a été une jeune fille convaincue pour devenir une artiste convaincante et la force de ses convictions ne peut que forcer notre admiration.
Netta Barzilaï a fait montre d’une volonté de fer et si d’aucuns y verraient le hasard de son patronyme significatif, le fer en hébreu barzel, et bien non, Netta est avant tout une artiste qui possède une rare maitrise d’une rythmique qui lui semble chevillée au corps.
En triomphant, elle contribue à faire bouger une société figée dans ses travers, dans tout ce que l’homme a de plus vil, de plus bas, le concept d’une inégalité bardée d’une suffisance qui touche à l’inhumain.
Double victoire car Netta a renvoyé le BDS, cette organisation qui appelle au boycott d’Israël dans tous les domaines, dans les poubelles de l’Histoire de l’antisémitisme contemporain car ce BDS, en crachant son venin sur la place publique au mépris des plus élémentaires règles républicaines, reste une organisation qui ne se sustente que d’antisémitisme.
Aussi, la victoire de Netta Barzilaï apporte la preuve irréfutable et arithmétique d’une indifférence désormais avérée face au combat du BDS à travers le monde puisque le succès de Netta résulte pour partie du vote du public dans une compétition regroupant 43 pays devant pas moins de 220 millions de téléspectateurs.
Force fut de constater que ces votants n’ont accordé aucun crédit à cet antisionisme dont le masque est bel et bien tombé pour laisser paraître une nouvelle forme d’antisémitisme dont l’extrême gauche française semble détenir les droits d’auteur.
Après les championnats d’Europe de judo qui se sont déroulés à Tel-Aviv, les trois premières étapes du Giro, la mythique épreuve cycliste du Tour d’Italie, le quatrième succès d’Israël au Concours Eurovision de la chanson, il serait grand temps d’aborder un sujet toujours tabou sur les plateaux de télévision et qui pourtant ne soulève aucun doute : le message de paix du peuple d’Israël.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Lundi 14 mai 2018

J'ai changé d'avis

Paru dans Actualité Juive le 10 mai 2018

On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis. Je ne voudrai surtout pas insinuer que je pourrai fréquenter des imbéciles en quantité industrielle et les rejoindre mais force est de constater que parfois, un jugement trop hâtif se révèle un peu plus tard un jugement erroné, trop sévère, que d’aucuns appellent parfois une réaction à chaud.
J’étais farouchement opposé à l’extraction physique des élus d’extrême gauche et d’extrême droite de la manifestation à la mémoire de Mireille Knoll parce que la famille de la défunte souhaitait la présence de tous, sans distinction politique.
Le hasard a fait que je me trouvais à quelques mètres de Marine Le Pen qui déclarait à la presse être là… pour ses amies juives. Le lamentable s’était, par son propos, pacsé avec le pathétique.
J’ai vu les militants mélanchonistes, sourire narquois au coin des lèvres jusqu’à s’en déchirer les commissures, qui se demandaient ce qu’ils faisaient là sinon qu’obéir à leur sergent recruteur.   
Mais quelques semaines plus tard, sur tous les écrans de télévision, on a pu voir parmi les troupes de la France insoumise, les antisémites de tous poils, à visage découvert, arborant leurs tee-shirts verts mentionnant « boycott Israël », on a pu voir également une tête de cortège devant des drapeaux palestiniens, des pancartes affichant Macron sioniste, c’est à se demander quel rapport avec …une fête à Macron.
Ces militants ont-ils été extraits de la manifestation par les organisateurs ? Non
Ont-ils été cordialement invités à s’intégrer à cette manifestation ? Sans doute oui car ils bénéficient d’une haute bienveillance qui répond à un antisémitisme dévoilé et qui, une de fois de plus, apporte la preuve que cette extrême-gauche française est bien plus dangereuse que l’extrême-droite qui cherche à se dédiaboliser, sans y parvenir heureusement.
Ainsi, j’ai changé d’avis et je pense que certaines personnes, certains élus fréquentant des antisémites notoires n’avaient rien à faire et ne pouvaient participer ni de près ni de loin à un hommage rendu à une vieille dame lâchement assassinée parce juive.
Je pense désormais que leur extraction de la manifestation fut, elle aussi, un hommage à Mireille Knoll.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Dimanche 13 mai 2018

On a pataugé dans la fange

Paru dans Actualité Juive le 3 mai 2018

Il y a des moments où les événements se conjuguent, où le passé tutoie le présent, c’est là notre devoir de mémoire et les émotions ressenties nous imprègnent toujours fortement par la solennité des moments, le travail accompli sur soi-même, la force des instantanés.
Au cours de ces derniers jours, à l’occasion du 70ème anniversaire de la naissance de l’Etat d’Israël, j’ai pu voir des images qu’aucun événement ne pourra effacer, des chorégraphies magnifiques offertes par une jeunesse éblouissante, fière de fêter un miracle.
Mais je m’y attendais un peu, les grands medias n’ont pas daigné relayer l’événement faisant litière de l’existence irréfragable de l’Etat d’Israël.
Il y a quelques jours seulement, autre chorégraphie, j’ai vu les doigts du virtuose franco-israélien Yaïr Benaïm danser sur les cordes de son violon, interprétant les œuvres de grands compositeurs juifs ayant fui le nazisme pour gagner la Palestine d’alors. Ces compositeurs sont devenus des références dans l’enseignement de la musique en Israël mais quels medias, quels milieux musicaux dits autorisés ont fait connaître Paul Ben-Haïm, Odön Partosh et Mark Lavry, trois compositeurs de génie dans la mouvance de Bartok. Là encore, une entreprise de négation, celle de l’Histoire de la musique en Israël, me semble avérée.
Combien d’années faudra-t-il au monde entier pour reconnaître ce que l’Etat d’Israël a pu apporter sur le plan culturel et combien de décennies faudra-t-il aux artistes de monde entier pour admettre que cet apport culturel, quel que soit son domaine, est un gage pour la paix dans une région où des références et des talents restent interdits voire sacrifiés sur l’autel de l’intolérance.
En observant la même semaine les cérémonies commémoratives de la naissance de l’Etat d’Israël, en entendant Yaïr Benaïm en concert, en vivant ces deux moments exceptionnels, j’ai constaté que le judaïsme pouvait inspirer l’art, le mettre au service de la Mémoire et de la paix au moment où il dérange encore au XXIème siècle.
La seule démocratie du Proche-Orient fête son 70ème anniversaire et si la météo actuelle est certes plus variable qu’à l’accoutumée, ce mercredi 18 avril 2018, alors que l’on dansait dans les rues de Tel-Aviv, alors que le peuple juif retenait ses larmes pour commémorer six millions de morts, les médias français ont consacré la journée entière, parfois en boucle, à un record de chaleur inégalé depuis 1949 dans certains départements.
Une fois encore, dans les salles de rédaction des grandes chaînes de télévision, on a pataugé dans la fange et en occultant le message de paix du peuple d’Israël, en lui infligeant cette avanie, on s’est montré plus que jamais irrespectueux d’icelui.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Mercredi 6 Mai

Rituel nauséabond…

On connaît bien la consigne dans les salles de rédaction où l’information défile en boucle : « Faîtes-moi vivre l’événement »
Alors on rabâche, on se délecte de toutes les douleurs et misères du monde, le plus morbide cherche sa place, l’image choc cherche la sienne et plus grande semble la satisfaction des journalistes dont certains au fil du temps ont changé de métier pour adopter celui d’animateur.
Un événement parfois est soudainement plus vendeur qu’un autre. La mort d’une célébrité même centenaire vient vite remplacer l’enlèvement de centaines de jeunes filles en Afrique.
Mais France Info n’oublie jamais autant que faire se peut ses diatribes contre Israël avant toute autre information, cela devient son rituel nauséabond.
Il y a deux semaines, on apprenait tout de suite que le gouvernement israélien autorisait la construction de 77 logements dans une région disputée autour de Jérusalem relançant ainsi «la poursuite de la colonisation », une expression que l’on n’employait même pas quand la France était au Sénégal, au Dahomey, en Haute-Volta, en Côte d’Ivoire, au Tchad et au Niger.
Il y a quelques jours, la première information relatait une manifestation sévèrement réprimée et d’une « extrême violence » à Tel-Aviv opposant la police à des israéliens d’origine éthiopienne faisant une soixante de blessés.
Pendant ce temps, le Népal comptait ses morts…plus de 7000.
D’aucuns avancent qu’il y a parfois un fond antisémite dans certaines salles de rédaction.
Avouons qu’il n’est pas facile de penser le contraire.

Alain Kaminski



Mercredi 8 Avril

La RATP se résigne enfin à afficher un spectacle en faveur des chrétiens d'Orient.
Elle s'y opposait en invoquant un "principe de neutralité".
Quel joli vocabulaire pour une entreprise dont le taux d'absentéisme était de zéro lorsque ses autobus emmenaient les juifs à Drancy.
Réquisitionnés ou pas, il ne manquait personne à l'appel...

Alain Kaminski