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Evénements I
Cinema I Billet d'Humeur


Billet d'humeur

Lundi 22 octobre 2018

De qui se moque-t-on ?

Le reportage à charge contre Israël diffusé par France 2 était sans surprise aucune, d’un côté une jeunesse blessée qui reçoit le téléspectateur à la maison, lequel ne se verra jamais proposer une visite guidée chez les victimes israéliennes d’attentats à l’arme blanche, à la voiture bélier, aux jets de pierres etc.

L’Ambassade d’Israël a beau publier les chiffres officiels, près de 200 attaques à l’arme blanche, près de 200 bombes artisanales, plus de 1200 grenades Molotov, une centaine d’obus de mortiers tirés depuis la bande de Gaza et 62 personnes innocentes tuées depuis moins de trois ans, des terroristes s’introduisant dans les maisons pour y poignarder des familles entières, tout cela on n’en parle jamais. Ces chiffres et ces faits n’intéressent guère ceux qui, par ailleurs, ne reculent devant rien et mettent ainsi en danger la sécurité des français juifs par la diffusion d’images et d’interviews soigneusement préparés.

On aurait voulu qu’un reporter s’interrogeât sur la présence de gamins de cinq ans jetant des pierres sur des soldats, où de très jeunes ados essayant de franchir la frontière en rêvant de s’introduire dans les villages israéliens pour y faire couler le plus de sang possible, que nenni !

On a préféré nous expliquer que ces si jeunes gamins, des bambins parfois, avaient d’eux-mêmes pris l’initiative d’aller combattre, d’aller rompre des fils barbelés avec des pinces-coupantes plus lourdes qu’eux-mêmes.

 Mais de qui se moque-t-on ? La ficelle fut si grosse que le professionnalisme des réalisateurs en fut altéré au possible, l’éthique la plus élémentaire coula à pic et j’imagine que les téléspectateurs n’ont pas été dupes à ce point.

Quant au malheureux cycliste qui se voyait déjà champion olympique, bien triste image certes, mais que diable allait-il faire le long de la frontière au milieu de ces hordes? Etait-ce vraiment là une piste d’entraînement pour un homme qui rêvait d’une brillante carrière ?

Quant à l’audimat, but recherché par les réalisateurs de ce reportage nauséabond, c’est un peu raté avec 9,4% d’audience pour une diffusion en prime time sur une grande chaîne publique, ce qui veut bien dire qu’à force de vérité tronquée et d’interviews orientés, on n’y croit plus, et c’est peut-être une bonne chose que de le constater.

La vraie question que le téléspectateur est en droit de se poser est de savoir si les reporters qui dénichent des soldats israéliens, actifs ou réservistes, plaidant la cause palestinienne peuvent rencontrer des gazaouis plaidant la cause israélienne.

Peut-être, à moins que, haut et court, ces derniers ne soient pendus avant en place publique ou ne disparaissent sans autre forme de procès.


Alain Kaminski
Secrétaire général de la Fédération des Sociétés Juives de France



Lundi 8 octobre 2018

Ne les oublions pas

Nous y arrivons, cette période de fêtes vient de s’écouler.
Roch Hachana, Yom Kippour, Soukot, Chemini Atseret, Simhat Thora, nous étions tous des juifs à notre façon mais nous étions tous là, n’en déplaise à ceux qui pourraient reprocher à d’autres d’être des « juifs de Kippour » ou leur rappeler qu’ils n’avaient pas leur place réservée à la synagogue.
Mais nous étions tous partie prenante pour cette période si riche pour chacun d’entre nous, ne serait-ce que par l’odeur de nos mets de circonstance, sauvegardés jalousement et hérités de nos anciens.
Mais nos anciens, étaient-ils toujours présents ? Pas si sûr.
J’ai croisé cette année encore certains de mes coreligionnaires qui avaient oublié une visite voire même un coup de fil à leurs anciens, leurs parents, leurs aïeux, parfois éloignés ou en maison de retraite. Et quand on n’a plus ses aïeux ou même ses parents, n’a-t-on pas une vieille tante, une lointaine cousine bien seule, un cœur à réchauffer ? 
Je croyais que cela n’existait pas chez les juifs mais hélas cela existe bel et bien. On oublie les anciens, on les oublie à certaines périodes où la blessure se fait encore plus profonde.
Eux qui nous ont tant donné à commencer par ce que nous avons de plus précieux, notre éducation, seul bien véritablement transmissible.
Eux qui nous ont tant appris par leur propre vie à fonder un foyer.
Eux qui nous rappellent qu’ils auront toujours un enseignement, un conseil à nous prodiguer.
En cette période de fêtes, j’ai pensé, plus que jamais, que visiter nos anciens restait un moment unique. Je le vis pourtant chaque semaine quand je rends visite à ma vieille maman, toujours chez elle et presque centenaire. Elle n’y voit presque plus rien mais elle parle, se souvient, raconte, je décèle chez elle une hauteur de vue que je n’ai sans doute pas.
Avec mon frère, nos enfants et nos petits-enfants, nous nous relayons pour lui réchauffer le cœur, mais c’est elle qui se soucie de notre bonheur qui est finalement sa seule raison d’être. Elle nous explique par son regard, son écoute et sa simplicité, que seul notre bonheur peut faire le sien.
Je m’interroge souvent sur ces enfants qui oublient leurs parents ou grands-parents et j’essaie de trouver des raisons qui engendrent de telles attitudes mais je n’en trouve pas.
Et s’il devait y en avoir, n’est-il pas le moment, celui de nos fêtes, pour faire abstraction de tout, de pardonner ce qui est somme toute si facilement pardonnable.
Et que dire des frères et sœurs qui ne se parlent plus depuis des décennies ? Là encore, pourrait-on qualifier certaines situations de drames parfois invisibles mais bien vivants pour nos anciens.
Essayons bien sûr d’être tolérants mais parfois la colère s’exprime et je n’ai pas assez de mots pour qualifier ceux qui auraient délaissé nos anciens si ce n’est que de croire à un homicide involontaire pouvant entraîner la mort sans intention de la donner.

Alain Kaminski
Secrétaire général de la Fédération des Sociétés Juives de France


Samedi 6 octobre 2018

Au revoir chère Marceline
Paru dans Actualité Juive le 20 septembre

Marceline, elle était toute petite mais si grande.
Pendant quelques décennies, j’ai accompagné mon père chaque premier jeudi du mois pour ce dîner de l’UNDIVG, l’Union Nationale des Déportés, Internés et Victimes de Guerre.
Marceline en était membre et très assidue.
C’était à la brasserie de l’Hôtel Lutetia, quel symbole.
Nous partagions une table au fond de la brasserie, un espace nous était privatisé et ce rendez-vous mensuel était immanquable. Il y avait Marceline, Nathan Rutta, Elie Buszyn, mon père et d’autres anciens déportés. Chaque année, un ancien déporté nous quittait et son départ laissait un vide qu’on ne pouvait combler, un vide déchirant pour tous comme le fut le départ de mon père il y a sept ans.
Marceline animait souvent les débats avant de s’attabler, au moment de l’apéritif.
Elle aimait bien parler Marceline et elle aimait bien les apéritifs Marceline, et on l’aimait bien Marceline. A la fin du repas, une coupe de champagne, ce n’était pas de refus. Après tout, elle en avait vu d’autres Marceline, alors encore un petit verre de plus, une énième cigarette en partant, sa vie lui appartenait mais, insistait-elle, le récit de sa vie elle le partagerait jusqu’à son dernier souffle. Et c’est ce qu’elle fit.
Elle est partie Marceline, je croyais qu’après le départ de son amie Simone Veil, elle ne partirait jamais. J'ai eu l’impression que l’immortalité pouvait exister et que telle serait sa récompense de l’Histoire. Je me suis dit qu’elle avait peut-être promis à son amie Simone, à Nathan, à Elie, ou à mon père qu’elle ne partirait pas.
Mais elle est partie au moment où l’on ne s’y attendait pas car on l’avait vue si récemment sur tous les plateaux de télévision. Elle nous quitte sans préavis, elle qui savait pourtant qu’à chaque départ d’un ancien déporté, la génération suivante se trouverait investie d’une mission paraissant un poids bien lourd à porter.
Un soir, nous étions à table dans cette célèbre brasserie et je lui racontais ce moment si émouvant que j’avais vécu lors d’une cérémonie commémorative au Mémorial de la Shoah.
J’étais aux côtés de mon père qui me présenta à Simone Veil, lui disant simplement «  C’est mon fils Madame Veil ». Elle s’approcha alors de moi et me dit : « Vous ne pourrez jamais témoigner de ce que vous n’avez pas vécu mais restez toujours le témoin d’un témoin ».
L’émotion de l’instant et le trouble du moment firent de mon silence une sorte d’acquiescement.
Désormais, les moments passés avec Marceline me rappellent à l’ordre et m’imprègnent fortement de cette mission, de ces mots de Simone Veil, être le témoin d’un témoin.
C’est promis Marceline.

Alain Kaminski
Secrétaire général de la Fédération des Sociétés Juives de France



Mercredi 17 septembre 2018

Mais où étiez-vous Monsieur Hulot
Paru dans Actualité Juive le 2 septembre

La démission du gouvernement de Nicolas Hulot était inévitable car il ne pouvait plus se dérober, se mentir à lui-même comme il l’a très sincèrement déclaré, il lui fallut se mettre en adéquation avec ses valeurs personnelles.
Nicolas Hulot, comme le pense une large majorité de Français, est un homme respectable et respecté et ce qu’avancent tous ses adversaires politiques n’est qu’argumentum ad personam.
Si nous n’avons pas de grands défenseurs de la planète, qu’allons-nous laisser à nos enfants, à nos petits-enfants ? J’en frémis déjà.
Mais comme beaucoup d’écologistes, Nicolas Hulot s’est laissé attirer par le chant des sirènes de la politique, faisant de lui un homme dont la parole fut rapidement muselée.
L’écologie reste une doctrine visant à un meilleur équilibre entre l’homme et son environnement et la protection d’icelui, et à ce sujet nous sommes déjà dans l’urgence.
C’est pour cela qu’il eut été plus aisé qu’il restât en dehors des arcanes politiques pour lancer ses alertes.
C’est pour cela qu’une juste remarque pourrait lui être adressée sans toutefois se livrer à une stérile attaque ad hominem.
Il fut ministre d’Etat d’un membre de l’Union européenne et non des moindres avec le statut qui fut le sien et l’influence du personnage très médiatique que l’on lui reconnaît et pourtant…
« En même temps », 3000 hectares de terres variées dont la moitié sur des réserves naturelles sont partis en fumée en Israël ces derniers mois à cause des mouvements de terreur du Hamas. Les cerfs-volants chargés de bombes incendiaires ont anéanti le cratère de Beeri recouvert d’herbes vertes et parsemé d’anémones rouges, l’une des régions les plus pittoresques du Proche-Orient.
De nombreuses espèces sauvages ont été décimées, mortes dans les flammes, et 500 hectares de terres agricoles ont été détruits, avec les conséquences incalculables pour l’écologie de la région.
Voilà l’exemple même d’actes de terreur sans précédent contre la nature et notre ministre d’Etat qui a su être sur bien d’autres chantiers comme la déforestation amazonienne n’a pas sourcillé contre ceux qui mettent le feu aux terres d’Israël.
On ne l’a pas entendu, les arbres d’Israël peuvent sans doute brûler dans l‘indifférence totale de notre vieille Europe.  
Pourquoi n’a-t- il pas relancé, à ce moment à tout le moins, ce formidable projet de faire reconnaître le crime international d’écocide à l’égard duquel la Cour pénale internationale pourrait être compétente ?
Où était notre ministre d’Etat pendant que les terroristes du Hamas s’attaquaient à la nature ?
Sans doute réduit au silence au sein du gouvernement, ce qu’il l’excuse peu ou prou.
Quant aux autres pseudo-écologistes qui ont délaissé depuis bien longtemps l’écologie pour la politique, il y a quelques décennies que nous n’attendons plus rien d’eux, drapés de leur antisionisme et pour certains d’une bonne dose d’antisémitisme, c’est dire que leurs décors de vitrine est bien connu de tous.
Espérons cependant qu’avec sa liberté de parole retrouvée, Nicolas Hulot aura ce regard nécessaire sur les événements cités supra et n’hésitons pas avec force et vigueur à interpeller son successeur si le terrorisme poursuit en Israël ses odieux crimes contre la planète.

Alain Kaminski
Secrétaire général de la Fédération des Sociétés Juives de France



Mercredi 14 septembre 2018

Que nos anciens se rassurent
Paru dans Actualité Juive le 30 août

Depuis quelques jours, nombreux sont nos coreligionnaires très inquiets après avoir entendu parler d’une réforme touchant les pensions de réversion.
Plus nombreuses encore, les femmes puisque 89 % des bénéficiaires de ce droit dérivé sont des veuves percevant en moyenne 650 euros par mois. Les bénéficiaires de ce droit dépassent les 4,4 millions d’assurés dont 1 million ne disposant d’aucun droit propre.
Par ailleurs, les principales charges supportées par un conjoint survivant restent exactement les mêmes, loyer, charges de copropriété, etc.
Pourquoi cette inquiétude chez les nonagénaires de la Communauté juive ? Explications.
Les lois antisémites du Régime de Vichy avaient exclu toute une génération de jeunes des écoles et des collèges lesquels devaient abandonner l’idée de faire des études afin de sauver leur vie.
Au lendemain de la guerre, des milliers de jeunes adultes ont fondé un foyer et se sont dirigés vers des professions relevant du commerce ou de l’artisanat. Ils ont travaillé sans relâche avec leur conjoint qui n’avait aucun statut, ne bénéficiant que d’un droit dérivé en matière de prestations santé en vertu du lien qu’ils avaient avec un assuré social, c’est le droit dérivé aux soins.
Les conjoints survivants atteignant un grand âge bénéficieront bien plus tard du deuxième droit dérivé, celui à pension, c’est la fameuse pension de réversion. Mais lesdits conjoints n’ayant jamais cotisé ne disposeront d’aucun droit propre, n’ayant validé aucun trimestre.
Ce n’est qu’en 1984 que le conjoint d’un commerçant pourra devenir conjoint collaborateur avec la faculté de cotiser afin de se créer un droit propre mais cela restait facultatif et peu de conjoints, pour des raisons économiques ou mal conseillés, ont adhéré à ce nouveau régime des conjoints qui ne devint obligatoire que le 1er juillet 2007 à la faveur de la création du Régime social des Indépendants, le RSI.
Aujourd’hui la situation est difficile pour les veuves percevant une petite pension de réversion parfois rehaussée au minimum vieillesse devenu l’ASPA, cette allocation de solidarité aux personnes âgées… récupérable sur succession.
Bien sûr, certaines entreprises commerciales ou artisanales furent florissantes et ont permis à leurs dirigeants d’assurer leurs vieux jours mais tant d’autres n’ont pas connu de la même façon les Trente Glorieuses et sont actuellement dans une situation difficile.
Certes, une réforme en profondeur des pensions de réversion s’impose naturellement, le législateur ne peut plus laisser éternellement une quarantaine de régimes de retraite affichant avec mépris les plus humiliantes inégalités entre les citoyens.
La Sécurité sociale se doit d’évoluer, harmonisation et moyens d’existence pour tous étaient bien inscrits dans les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, texte fondateur de la Sécurité sociale que l’on doit à Pierre Laroque… lui-même évincé de la haute fonction publique quatre ans plus tôt pour ses origines juives.
Mais que nos anciens se rassurent, il ne s’agit pas aujourd’hui de remettre en cause les pensions liquidées, une telle révolution conduirait à plonger dans la misère de nombreux citoyens et je pense à celles et ceux qui vivent des temps difficiles, qui ne disposent pas d’un patrimoine, qui ont été spoliés, qui ont survécu à la Shoah, et dont le parcours de la vie a été jonché d’épreuves personnelles si douloureuses.

Alain Kaminski
Administrateur de la Sécurité Sociale des Indépendants
Ancien administrateur national du RSI



Mercredi 4 juillet 2018

Cette fois-ci, on ne leur prête plus, on les abonne.

Paru dans Actualité Juive le 10 juin
 
Il y a dix ans, lors du dîner annuel du CRIF, je m’entretenais très longuement avec Serge Benattar (za’l) sur la vie d’un journal et l’importance de sa pérennité.
Merveilleux, c’est le seul terme que je puis trouver pour garder le souvenir d’un entretien avec un  homme lui-même merveilleux.
Je lui racontais qu’Actualité Juive était souvent lu par des gens qui ne l’achetaient jamais, ce qui le faisait bien rire. Le mois dernier, je découvrais encore un exemplaire sur la commande d’un vieil ami
à qui je rendais visite, le journal lui avait été apporté par un voisin qui l’avait récupéré de son frère dont un des enfants était abonné. L’hebdomadaire, cité supra, avait donc fait une tournée de quatre familles et la tournée n’était sans doute pas terminée.
Je racontais à Serge la fin tragique du quotidien yiddish Unzer Wort qui circulait de Cannes à Menton de salons de thé en salons de thé il y a une trentaine d’années et qui était lu par des centaines de personnes à la faveur d’une vingtaine d’exemplaires seulement.
Je proposais alors à Serge une grande campagne d’abonnements, il m’en donna le feu vert à la seule condition de renouveler l’expérience tous les dix ans car, me disait-il, il faut toujours être répétitif pour les bonnes causes. Cette décennie semble être arrivée à son terme, alors je pense à Serge Benattar et je lance cet appel peu ou prou circonstancié.
Pour ma part, je savoure Actualité Juive à ma façon, je dévore ce qui me passionne comme je survole à une altitude stratosphérique ce qui gêne l’esprit libre qui m’habite, sans doute trop souvent.
Qu’il me soit pardonné de penser qu’un capitaine d’industrie est performant parce qu’il est brillant et non pas parce qu’il est juif.
Qu’il me soit pardonné de relire quatre fois les excellents témoignages de Claude Bochurberg parce qu’ils me touchent profondément.
Qu’il me soit pardonné d’avoir transgressé les recommandations de la rubrique Judaïsme et d’avoir occis un moustique un chabbath pour éviter que ma petite-fille Rachel ne soit victime d’un vol en piqué dudit insecte qui aurait pu atteindre sa petite frimousse pendant sa sieste.
C’est vrai, je m’adonne à la lecture d’Actualité Juive avec ma liberté que je protège jalousement et Serge me disait de continuer comme ça parce sa mission était de satisfaire toutes les sensibilités.
Il avait mille fois raison, c’était un rassembleur.
Je suis bouleversé bien sûr quand je lis les noms de ces enfants d’Israël qui perdent leur vie pour sauver celles des autres. Je suis fier de lire les noms de nos anciens, disparus au cours de la Shoah, honorant ainsi par ma seule lecture leur mémoire.
Puis en fin de journal, je me délecte parfois de ces petites annonces où je découvre qu’une jeune femme d’origine séfarade au physique agréable, aimant cuisiner, cherche un homme ashkénaze, non-fumeur, aimant voyager, en vue d’affinités.
Aussi, une petite annonce qui nous apprend qu’un bébé est arrivé dans un foyer et que naturellement, il est le plus beau bébé de l’année.
Serge avait raison, il en faut pour tout le monde.
Alors Serge, une dizaine d’années a passé et une promesse doit être tenue.
Je propose à tous les abonnés de ne plus prêter Actualité juive, ou presque, mais d’offrir un abonnement à l’occasion d’un anniversaire, d’un événement familial, de Roch Hachana qui arrive très tôt cette année, et cela remplacera un énième parfum, un énième gâteau, une énième cravate, en revanche le nouvel abonné pensera à vous chaque semaine, c’est garanti.
Je propose à toutes les familles d’abonner les personnes âgées isolées, en maison de retraite ou vivant dans des petites communes de province là où la vie juive apparaît chaque jour comme un lointain souvenir, car d’expérience, je puis vous dire que chaque semaine c’est un rayon de soleil qui envahit les boîtes aux lettres.
Je propose à toutes les associations juives de souscrire en leur nom un abonnement, ne serait-ce que pour favoriser un bon relais d’informations.
Je propose enfin à tous les lecteurs ayant bénéficié d’un abonnement annuel en cadeau de le renouveler d’eux-mêmes, exprimant ainsi leur soutien indéfectible à un journal qui, en avoisinant le 1500ème numéro, a su montrer sa fidélité à la Communauté juive de France.
Dix années ont passé après notre entretien, Monsieur Benattar.
Respect.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Mercredi 13 juin 2018

Merci Netta

Paru dans Actualité Juive le 17 mai

Le succès de Netta Barzilaï au Grand prix Eurovision de la chanson 2018 est une double victoire.
Celle de Netta elle-même dont la vie n’a sans doute pas toujours été un long fleuve tranquille mais qui s’est battue depuis des années contre tous les obstacles qu’une société d’hommes pouvait dresser sur son chemin. Elle a été une jeune fille convaincue pour devenir une artiste convaincante et la force de ses convictions ne peut que forcer notre admiration.
Netta Barzilaï a fait montre d’une volonté de fer et si d’aucuns y verraient le hasard de son patronyme significatif, le fer en hébreu barzel, et bien non, Netta est avant tout une artiste qui possède une rare maitrise d’une rythmique qui lui semble chevillée au corps.
En triomphant, elle contribue à faire bouger une société figée dans ses travers, dans tout ce que l’homme a de plus vil, de plus bas, le concept d’une inégalité bardée d’une suffisance qui touche à l’inhumain.
Double victoire car Netta a renvoyé le BDS, cette organisation qui appelle au boycott d’Israël dans tous les domaines, dans les poubelles de l’Histoire de l’antisémitisme contemporain car ce BDS, en crachant son venin sur la place publique au mépris des plus élémentaires règles républicaines, reste une organisation qui ne se sustente que d’antisémitisme.
Aussi, la victoire de Netta Barzilaï apporte la preuve irréfutable et arithmétique d’une indifférence désormais avérée face au combat du BDS à travers le monde puisque le succès de Netta résulte pour partie du vote du public dans une compétition regroupant 43 pays devant pas moins de 220 millions de téléspectateurs.
Force fut de constater que ces votants n’ont accordé aucun crédit à cet antisionisme dont le masque est bel et bien tombé pour laisser paraître une nouvelle forme d’antisémitisme dont l’extrême gauche française semble détenir les droits d’auteur.
Après les championnats d’Europe de judo qui se sont déroulés à Tel-Aviv, les trois premières étapes du Giro, la mythique épreuve cycliste du Tour d’Italie, le quatrième succès d’Israël au Concours Eurovision de la chanson, il serait grand temps d’aborder un sujet toujours tabou sur les plateaux de télévision et qui pourtant ne soulève aucun doute : le message de paix du peuple d’Israël.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Lundi 14 mai 2018

J'ai changé d'avis

Paru dans Actualité Juive le 10 mai 2018

On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis. Je ne voudrai surtout pas insinuer que je pourrai fréquenter des imbéciles en quantité industrielle et les rejoindre mais force est de constater que parfois, un jugement trop hâtif se révèle un peu plus tard un jugement erroné, trop sévère, que d’aucuns appellent parfois une réaction à chaud.
J’étais farouchement opposé à l’extraction physique des élus d’extrême gauche et d’extrême droite de la manifestation à la mémoire de Mireille Knoll parce que la famille de la défunte souhaitait la présence de tous, sans distinction politique.
Le hasard a fait que je me trouvais à quelques mètres de Marine Le Pen qui déclarait à la presse être là… pour ses amies juives. Le lamentable s’était, par son propos, pacsé avec le pathétique.
J’ai vu les militants mélanchonistes, sourire narquois au coin des lèvres jusqu’à s’en déchirer les commissures, qui se demandaient ce qu’ils faisaient là sinon qu’obéir à leur sergent recruteur.   
Mais quelques semaines plus tard, sur tous les écrans de télévision, on a pu voir parmi les troupes de la France insoumise, les antisémites de tous poils, à visage découvert, arborant leurs tee-shirts verts mentionnant « boycott Israël », on a pu voir également une tête de cortège devant des drapeaux palestiniens, des pancartes affichant Macron sioniste, c’est à se demander quel rapport avec …une fête à Macron.
Ces militants ont-ils été extraits de la manifestation par les organisateurs ? Non
Ont-ils été cordialement invités à s’intégrer à cette manifestation ? Sans doute oui car ils bénéficient d’une haute bienveillance qui répond à un antisémitisme dévoilé et qui, une de fois de plus, apporte la preuve que cette extrême-gauche française est bien plus dangereuse que l’extrême-droite qui cherche à se dédiaboliser, sans y parvenir heureusement.
Ainsi, j’ai changé d’avis et je pense que certaines personnes, certains élus fréquentant des antisémites notoires n’avaient rien à faire et ne pouvaient participer ni de près ni de loin à un hommage rendu à une vieille dame lâchement assassinée parce juive.
Je pense désormais que leur extraction de la manifestation fut, elle aussi, un hommage à Mireille Knoll.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Dimanche 13 mai 2018

On a pataugé dans la fange

Paru dans Actualité Juive le 3 mai 2018

Il y a des moments où les événements se conjuguent, où le passé tutoie le présent, c’est là notre devoir de mémoire et les émotions ressenties nous imprègnent toujours fortement par la solennité des moments, le travail accompli sur soi-même, la force des instantanés.
Au cours de ces derniers jours, à l’occasion du 70ème anniversaire de la naissance de l’Etat d’Israël, j’ai pu voir des images qu’aucun événement ne pourra effacer, des chorégraphies magnifiques offertes par une jeunesse éblouissante, fière de fêter un miracle.
Mais je m’y attendais un peu, les grands medias n’ont pas daigné relayer l’événement faisant litière de l’existence irréfragable de l’Etat d’Israël.
Il y a quelques jours seulement, autre chorégraphie, j’ai vu les doigts du virtuose franco-israélien Yaïr Benaïm danser sur les cordes de son violon, interprétant les œuvres de grands compositeurs juifs ayant fui le nazisme pour gagner la Palestine d’alors. Ces compositeurs sont devenus des références dans l’enseignement de la musique en Israël mais quels medias, quels milieux musicaux dits autorisés ont fait connaître Paul Ben-Haïm, Odön Partosh et Mark Lavry, trois compositeurs de génie dans la mouvance de Bartok. Là encore, une entreprise de négation, celle de l’Histoire de la musique en Israël, me semble avérée.
Combien d’années faudra-t-il au monde entier pour reconnaître ce que l’Etat d’Israël a pu apporter sur le plan culturel et combien de décennies faudra-t-il aux artistes de monde entier pour admettre que cet apport culturel, quel que soit son domaine, est un gage pour la paix dans une région où des références et des talents restent interdits voire sacrifiés sur l’autel de l’intolérance.
En observant la même semaine les cérémonies commémoratives de la naissance de l’Etat d’Israël, en entendant Yaïr Benaïm en concert, en vivant ces deux moments exceptionnels, j’ai constaté que le judaïsme pouvait inspirer l’art, le mettre au service de la Mémoire et de la paix au moment où il dérange encore au XXIème siècle.
La seule démocratie du Proche-Orient fête son 70ème anniversaire et si la météo actuelle est certes plus variable qu’à l’accoutumée, ce mercredi 18 avril 2018, alors que l’on dansait dans les rues de Tel-Aviv, alors que le peuple juif retenait ses larmes pour commémorer six millions de morts, les médias français ont consacré la journée entière, parfois en boucle, à un record de chaleur inégalé depuis 1949 dans certains départements.
Une fois encore, dans les salles de rédaction des grandes chaînes de télévision, on a pataugé dans la fange et en occultant le message de paix du peuple d’Israël, en lui infligeant cette avanie, on s’est montré plus que jamais irrespectueux d’icelui.

Alain Kaminski
Président des Amis Israélites de France



Mercredi 6 Mai

Rituel nauséabond…

On connaît bien la consigne dans les salles de rédaction où l’information défile en boucle : « Faîtes-moi vivre l’événement »
Alors on rabâche, on se délecte de toutes les douleurs et misères du monde, le plus morbide cherche sa place, l’image choc cherche la sienne et plus grande semble la satisfaction des journalistes dont certains au fil du temps ont changé de métier pour adopter celui d’animateur.
Un événement parfois est soudainement plus vendeur qu’un autre. La mort d’une célébrité même centenaire vient vite remplacer l’enlèvement de centaines de jeunes filles en Afrique.
Mais France Info n’oublie jamais autant que faire se peut ses diatribes contre Israël avant toute autre information, cela devient son rituel nauséabond.
Il y a deux semaines, on apprenait tout de suite que le gouvernement israélien autorisait la construction de 77 logements dans une région disputée autour de Jérusalem relançant ainsi «la poursuite de la colonisation », une expression que l’on n’employait même pas quand la France était au Sénégal, au Dahomey, en Haute-Volta, en Côte d’Ivoire, au Tchad et au Niger.
Il y a quelques jours, la première information relatait une manifestation sévèrement réprimée et d’une « extrême violence » à Tel-Aviv opposant la police à des israéliens d’origine éthiopienne faisant une soixante de blessés.
Pendant ce temps, le Népal comptait ses morts…plus de 7000.
D’aucuns avancent qu’il y a parfois un fond antisémite dans certaines salles de rédaction.
Avouons qu’il n’est pas facile de penser le contraire.

Alain Kaminski



Mercredi 8 Avril

La RATP se résigne enfin à afficher un spectacle en faveur des chrétiens d'Orient.
Elle s'y opposait en invoquant un "principe de neutralité".
Quel joli vocabulaire pour une entreprise dont le taux d'absentéisme était de zéro lorsque ses autobus emmenaient les juifs à Drancy.
Réquisitionnés ou pas, il ne manquait personne à l'appel...

Alain Kaminski