Patronymes : Les rabbins

Par Alain Kaminski

Puis-je m’enorgueillir, moi le juif si peu observant, de rendre hommage à nos rabbins, nos sages, souvent tombés dans l’anonymat. S’il nous reste bien souvent que leurs patronymes, la signification et l’histoire d’iceux restent un enrichissement permanent.
Je voyagerai aujourd’hui sur les côtes méditerranéennes.
Rahamin Boukhris, rabbin au XIX siècle à Djerba fut l’auteur d’un commentaire sur la Haggadah de Pessah, Boukhris parfois Boukris, de l’arabe khursa signifie l’anneau, et précédé de bû, c’est donc l’homme à la boucle d’oreille. A la même époque, Chabetaï Bohbot était grand rabbin en Syrie et au Liban et auteur de Hibat Tsion, l’amour de Sion. Bohbot nous vient de hbot, le ventre en berbère et Bohbot est un sobriquet devenu patronyme qui nous indique le ventru, l’homme au gros ventre.
Celui-ci je l’adore car il est de toute beauté. Guedaliah que l’on rencontre souvent à l’italienne en Guidaglia signifie Dieu élève de l’hébreu gadol et legadel qui veut dire grand, élever.
Au XVIIème siècle, Yehouda ben Moshé Guedaliah, rabbin originaire de Turquie, fut l’auteur d’un commentaire sur le Zohar.
Salomon Tapiero, au siècle dernier, quitta d’Algérie pour s’installer au Maroc où il fut le chantre de la synagogue algérienne Bét El de Casablanca. Tapiero a pour origine la ville de Talavera de la Reina près de Tolède où une communauté juive était installée depuis le XIème siècle.
Parmi nous, le rabbin Mevorah Zerbib est « mon rabbin préféré ». Je le connais depuis plus de 30 ans. Zerbib, plus rarement Zorgbib pourrait venir de l’adjectif arabe zoughboub qui décrit la petitesse. Mais la définition ne correspond sûrement pas à notre Mevorah Zerbib dont la récitation des prières nous envahit d’émotion et dont nous buvons les paroles.