Musique : From Genesis to Revelation

Par Dany Sebon

Ne vous méprenez pas il ne s’agit pas ici d’une chronique sur la religion, je n’ai pas changé de bord, mais bien le titre du premier album d’un des plus prestigieux groupes ayant existé au niveau de la musique pop/rock dans le monde entier et qui est en l’occurrence Genesis.
Et c’est à l’occasion des cinquante ans de la sortie de leur dernier album avec leur chanteur de la première époque Peter Gabriel, Lamb Lies Down On Broadway, que je n’ai pu résister à l’envie de revenir sur ce phénomène musical unique en son genre que fut Genesis et qui aura marqué toute ma vie de mélomane.
Mon histoire d’amour avec Genesis commença en 1974 avec la découverte d’un de leurs meilleurs albums Foxtrot, et depuis ce jour-là, rien n’a été comme avant, concernant ma vision des choses et du monde mais surtout mon rapport avec la musique lequel a pris un relief totalement différent.

Genesis fut à la base d’un style musical appelé musique progressive et dont la caractéristique se situait dans la longueur des compositions dépassant souvent les vingt minutes, ce qui contrastait énormément avec les formats standards passant en radio.
Ils furent à l’origine aussi des albums concept, c’est-à-dire racontant une histoire entière et non une suite de chansons sans aucun lien ni rapport les unes avec les autres.
Unique en son genre, le groupe anglais le fut totalement, car Genesis eut deux vies, la première donc avec en son sein le charismatique chanteur/leader Peter Gabriel qui tenait le devant de la scène et qui, par le biais de ses différents accoutrements et déguisements s’était créé une image de marque et se dandinait, mais avec talent et une présence indéniable, sous le feu des projecteurs.
Cette aventure avec le chanteur sera relativement courte puisqu’elle ne durera que six années enregistrant sept albums studio, et pourtant elles furent d’une richesse infinie car les cinq musiciens qui composaient la formation étaient aussi brillants les uns que les autres, cela ne pouvait donner naissance qu’à une œuvre toute en finesse et en émotion.
La mélodie étant un atout majeur dans les compositions du groupe car les cinq musiciens présents durant ces années Tony Banks, Mike Rutherford, Phil Colins, Steve Hackett et Peter Gabriel créèrent un répertoire haut de gamme et hyper sophistiqué qui n’a pas prit une ride et dont une majeure partie est jouée encore aujourd’hui par différents musiciens internationaux de tous genres.
Genesis a de plus inventé le rock théâtral par l’intermédiaire de Peter Gabriel dont le visuel tout au long de ces années fut prépondérant, c’est-à-dire que les différentes tenues portées par Peter Gabriel sur scène était censées donner un prolongement à la musique, voire à la transcender.
Pourtant leur collaboration prit fin en 1975 après un parcours sans faute jalonné de plusieurs albums dont leur meilleur à mon sens, ou tout du moins celui qui fut le plus représentatif de leur puissance musicale et qui reste Selling England By The Pound paru en 1973.

Et puis l’année suivante devait sortir leur toute dernière production que fut le double album The Lamb Lies Down To Broadway évoqué plus haut, sonnant le glas d’une épopée particulièrement créative, et ces deux albums ressortent à présent, pour le bonheur des aficionados, ils contiennent les chansons originales restaurées et agrémentées de différents bonus.
Une page très importante fut tournée et le groupe, après beaucoup d’hésitations décida de proposer à leur batteur Phil Colins de remplacer au pied levé l’emblématique Peter Gabriel qui devait quant à lui entamer une carrière en soliste qui se prolongera brillamment jusqu’à nos jours.
Mais paradoxalement, Genesis profita indirectement du départ de leur chanteur pour se diriger petit à petit vers une musique un peu plus accessible par un nouvel auditoire.
Ce succès étant du en partie à Phil Colins qui, parallèlement à sa participation à Genesis a entamé une carrière en solo au cours de laquelle il connut un succès planétaire et de ce fait, ceci a certainement contribué à la renaissance de Genesis.
S’en suivirent de magnifiques albums avec Phil Colins tenant les vocaux et la batterie, mais sur scène le groupe devait s’adjoindre le concours de deux musiciens additionnels américains Chester Thomson aux baguettes et Darryl Stuarmer à,la guitare, ils apportèrent aux quatre membres d’origine leur professionnalisme et tout leur talent.
Les trois autres excellents musiciens que sont toujours Tony Banks, Mike Rutherford et Steve Hackett (uniquement sur deux albums) ne sont bien sûr pas étrangers au succès grandissant de Genesis, l’alchimie dont a bénéficié le groupe pendant environ quarante cinq années.
Ces quatre musiciens, Colins compris ont donc connu la gloire et ont quand même vendu environ cent cinquante millions de disques toutes périodes confondues.
Quelques tubes furent enregistrés par Genesis, période post Gabriel comme AbacabTonight, Tonight Mama ou I Can’t Dance entre autres et ont permis à groupe d’acquérir une notoriété fabuleuse et largement méritée.

Malheureusement la santé difficile de Phil Colins l’obligea à quitter la scène il y environ six ans et ses carrières artistiques respectives se sont arrêtées, et de ce fait l’existence même de Genesis était compromise.
Le groupe cessera ses activités dans les années 2020, les trois musiciens continuent leur chemin dans différents projets, et seul Steve Hackett perpétue l’œuvre de la genèse, en retraçant sur scène l’univers de Genesis, ses concerts ont pour nom Genesis revisited, prouvant en cela que cette œuvre est toujours bien vivante.
La musique de Genesis comme celle des Beatles ou de Pink Floyd est intemporelle, elle passe les époques elle n’ a pas pris une ride et en cela je considère les créations musicales et artistiques de ces trois groupes comme étant les classiques du futur.
On peut donc dire pour conclure que ces trois formations sont entrées dans la légende de la musique contemporaine.