Patronymes : Les imprononçables

Par Alain Kaminski

J’ai toujours connu et même davantage côtoyé des connaissances dont les noms étaient imprononçables.
Ces patronymes d’origine polonaise me rappelaient que le sz n’avait rien à voir avec le szcz. Le sz se prononce ch comme le chat alors que le szcz est plutôt un chtch. C’est le cas de notre regretté Alain Szczupak, en polonais le brochet. Il y a également des Szczupkowicz mais attention, le cz à la fin se prononcera tch comme dans tchin-tchin.
J’ai bien connu à Menton madame Szczypior qui me disait que son nom signifiait en polonais de la ciboulette. De nombreuses familles se nomment Szkopeck que l’on retrouve sous des formes diverses et variées, en Skopeck, en Chkopek, en Szkopek et même Skopinski, cela rappelle skup en polonais, un achat, nom sans doute lié aux activités du commerce. On ne les confondra pas bien entendu avec les Kopeć, accent aigu sur le c s’il vous plaît donc prononcez kopetch, c’est de la suie, nom sans doute lié au métier de ramoneur.
Quant aux Kupiec, le marchand, c’est un grand classique et qui n’aura pas connu des Kupczynski, des Kupiecki ou des Kupczyk. Mais revenons à nos sz, c’était il y a une soixantaine d’années dans mon cher lycée Jacques-Decour à Paris, un camarade de classe aimait déjà les graffitis. Il s’appelait Alain Sztajnszrajber, rien que ça, littéralement celui qui écrit sur la pierre. C’est du yiddish mais écrit façon polonaise. Il m’expliqua que ses aïeux exerçaient en Pologne le métier de graveur sur pierre pour les entreprises funéraires. Adorable et même intéressant mais je lui répondis que ce n’était pas une raison pour écrire sur les murs de la cour pendant la récré !