Patronymes : Les prêtres
Par Alain Kaminski
On m’a souvent reproché que les Cohen ne défrayaient pas cette chronique comme il se devait, et je n’en disconviens pas. Cohen signifie prêtre en hébreu, au pluriel cohanim, et faut-il rappeler qu’ils furent chargés d’organiser le culte jusqu’à la destruction du Second Temple par les Romains en 70. S’ils ont encore des privilèges religieux particuliers, ils ont toujours attisé ma curiosité se distinguant par la prononciation et la déformation liées au lieux de résidence, Kahn en Alsace-Lorraine et en Europe de l’Est, Kohner en Allemagne et en Autriche, Kagan ou Kogan voire Kaganow en Russie, Cowen ou Coen chez les Anglo-Saxons, Kaplan ou Kohn en Pologne, etc.
Mais c’est une autre distinction très particulière qui m’interpelle, cette volonté d’accoler un autre patronyme ou un signe de distinction d’origine ou de métier. Il semble que certains devaient à une certaine époque devoir se distinguer, je pense aux Cohen-Scali de squillî la Sicile en arabe, aux Cohen-Tanudji qui rappellent l’origine de Tanger, aux Cohen de Lara, la ville espagnole de la province de Burgos.
Dès le XVème siècle on pouvait déjà qualifier ou plutôt dénommer certains cohanim comme « Le Cohen » en hébreu Hacohen, et c’est la raison pour laquelle on retrouve des rabbins comme Abraham ben Moché Hacohen, installé en Italie après l’Expulsion, ou encore au XVIIIème siècle David ben Baroukh Azzogh Hacohen, considéré au Maroc comme un saint célèbre dont la tombe est devenue un lieu de pèlerinage.
Une approche plus contemporaine nous ramène à l’arabe qadar, la considération, la puissance, la faveur, des termes qui nous rappellent ceux qui pouvaient jouir de la faveur des puissants et parmi eux, il y avait des cohanim. Le patronyme est devenu rare mais moi j’ai le plaisir de connaître un sympathique Laurent Cohen-Coudar.

