Billet : De la mémoire au boycott

Par Alain Kaminski

En 25 ans, il s’est auto-intoxiqué d‘antisémitisme. Au lendemain de la commémoration annuelle de la rafle du Vel d’hiv, certains et je suis de ceux-là parce que j’étais présent se souviennent de ce 16 juillet 2000. Le lider maximo, alors ministre délégué à l’enseignement professionnel représentait malgré un bien lointain rang protocolaire le gouvernement Jospin lors de cette cérémonie. Mélenchon rappelait que le16 juillet 1942 était une journée de deuil pour la France et une honte, tels furent les propos de son discours bien archivé par la Dila, la Direction de l’information légale et administrative. Il se réjouissait du décret du 14 juillet 2000 établissant réparations pour les orphelins dont les parents avaient été déportés et d’ajouter que ce décret était une promesse faite au Crif, reconnaissant de facto ce Crif qu’il vilipende aujourd’hui. Les actes antisémites, il les encourage désormais, il en redemande et invite ses amis, ses militants à en commettre. Comme ce fut le cas dernièrement à Grenoble à l’endroit de la DJ Barbara Butch parce qu’elle était de confession juive. L’homme politique qui rêve d’être un homme d’Etat est donc prêt à mettre en place un antisémitisme d’Etat, une France de 1942. Voulant donner du splendide au roman qu’il proposera en 2027 aux Français, espérons qu’une mort politique l’emportera transformant pour lui les urnes en urnes funéraires et qu’on n’entendra plus parler de lui. Mais ne nous trompons pas, ses alliés goûteront à l’antisémitisme proposé en plat du jour s‘ils veulent conserver leur place sous les ors de la République. L’homme est diabolique et peut-être qu’il finira par maudire son destin. Il est temps qu’il s‘entraîne à l’art de disparaitre car la pierre Mélenchon était déjà en ce 16 juillet 2000 mal dégrossie. Il prend plaisir désormais d’user de sa rhétorique pour épouser ses insolences. Il quitte ses talons pour vivre sur ses ergots. L’homme est uniquement personnel, les autres ne comptent que par rapport à lui-même. Voilà longtemps que la France n’avait pas eu rendez-vous avec le diable.