Patronymes : Les fils

Par Alain Kaminski

Ben Baron n’est pas le fils d’un baron, qu’on se le dise ! De l’arabe bahr, la mer, barûn reste lié aux métiers de la mer et Ben Baron, parfois Bembaron en fonction des caprices de l’état-civil, pouvait être donné à un riverain du bord de mer.
Benisti ou Benisty n’est pas le fils de Isty mais ce patronyme n’est que la contraction de l’italien Benveniste, souvent porté par les juifs grecs ou turcs, c’est donc le bienvenu.
Ben Sasson n’a rien à voir avec Ben Soussan car le premier est le fils de la joie, sasson en hébreu, et le second est le lys en hébreu, soussan, et Bensoussan est donc le fils du lys.
En arabe, la même joie, farj ou faraj, nous donne les Fargeon ou Farjon ou Farjoun ou les Fahri, bien connus.
Ben Roubine n’est pas le fils du rabbin mais le fils de Ruben, le fils aîné de Jacob. Le fils du rabbin c’est Berrebi ou Berebi ou Berebbi, clin d’œil à tous les Berrebi que je connais, ils sont tous formidables.
Ces patronymes séfarades sont très fréquents de Bougie, Bejaïa en Algérie, qui nous donne les Bijaoui mais en quittant les sables fins pour la montagne, le djebel, on aura les Djebali ou Djibali, portés aussi par les musulmans, et en se rendant près du ksiksik, cours d’eau dans le sud marocain, on aura les Siksik, les Secsik ou les Seksik voir les Sicsou.
Allez, je n’oublie pas mes amis les Aboujdid, de l’arabe abou jadîd le père du nouveau, à ne pas confondre avec les Ben Zaken de l’hébreu zaken donc le fils du vieux ou de l’ancien. Nouveau, ancien, il en faut pour tous les goûts.